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Under the Silver Lake

Sélection officielle - Compétition
USA / sortie le 08.08.2018


CODES TROP CONNUS





« Les gens font des choses imprévisibles quand ils souffrent. »

David Robert Mitchell est de retour (après The myth of the american sleepover et It follows présentés à la Semaine de la Critique en 2010 et 2014) avec un thriller foisonnant et hyper référencé qui multiplie les récits imbriqués et les digressions comiques. Toujours pop, le cinéaste se permet pas mal d’audaces et de citations, avec notamment un très joli hommage aux rares scènes connues du film inachevé Something’s got to give qui met en scène Riley Keough en Marilyn.

Les références au cinéma de l’âge d’or d’Hollywood sont d’ailleurs nombreuses dans cette histoire qui a la City of Angels comme cadre et Janet Gaynor pour égérie. Le personnage principal regarde L’heure suprême de Frank Borzage (sur les conseils de sa maman), puis passe devant la tombe de l’actrice. On croise aussi une stèle Alfred Hitchcock, le film Comment épouser un millionnaire de Jean Negulesco et quantité d’affiches hommage aux classiques des années 50 ou 60. La musique, elle, joue à fond la carte du cinéma muet comme du film d’horreur, accompagnant, voire soulignant, les moments anxiogènes et les aléas de l’intrigue. Le cinéaste excelle ainsi à créer une atmosphère ultra-romanesque, à laquelle la mise en scène ample et élégante apporte un véritable souffle.

Le récit est lui-aussi foisonnant, entre enquête effrénée pour retrouver une jeune femme disparue, théories du complot, hommages répétés à la pop culture (des comics au jeu vidéo, en passant par la musique des années 90), trip new age et critique de la culture de masse formatée. On aime beaucoup les séquences d’animation qui donnent vie aux comics parlant de Silver lake ou du tueur de chiens, de même qu’une séquence formidable d’ironie et de dérision mettant en scène « Le Compositeur » sorte de démiurge à qui l’on doit le meilleur de la musique des dernières décennies, et qui a formé à lui seul le goût de générations entières.

Pourtant, le film ne parvient pas vraiment à tenir la longueur (2h20, quand même) et souffre de temps morts et de fausses pistes qui ne font que compliquer la narration. Comme souvent dans ce type de film, l’enquête s’avère d’ailleurs plus intéressante que le dénouement, et certains morceaux de bravoure plus réussis que d’autres. Même si l’on retrouve certains des thèmes de prédilection du cinéaste, Under the silver lake laisse ainsi un goût d’inachevé, comme s’il était le premier jet brouillon et potache d’un récit ayant besoin de mûrir un peu.

MpM



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