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Mon cher enfant (Weldi)

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
/ sortie le 14.11.2018


OU EST SAMI ?





"C'est mon fils. Il passe son bac. Beaucoup de stress."

Deux ans après son passage remarqué à la Berlinale avec Hédi, un vent de liberté, Mohamed Ben Attia présente son troisième long métrage à la Quinzaine des réalisateurs. Véritable drame social, Mon cher enfant (Weldi en version originale) est de ces films jolis sur la forme et violents sur le fond.

On y suit le quotidien de Riadh, un cariste qui va prendre sa retraite après avoir longtemps bossé dans le port de Tunis. Il est marié à Nazli et ensemble, ils ont un fils : Sami, jeune adulte qui va passer son bac. Malheureusement, au moment où les épreuves commencent, Sami manque à l'appel. Où est-il ? Que fait-il ? Avec qui est-il ? Telles sont les questions dont les réponses perturbent les parents et le spectateur. On prendra conscience rapidement de l'affreuse réalité.

Et c'est parce que le sujet est amené de manière très subtile que Mon cher enfant fait froid dans le dos. Pendant une bonne partie du film, le spectateur assiste au quotidien de cette famille bien sous tous rapports, où les seuls nuages à l'horizon sont représentés par des migraines persistantes chez Sami. Il est donc naturel que, comme ses parents, nous tombions des nues en découvrant que le jeune homme que l'on a vu aller à des soirées et tenter de sociabiliser ne soit pas du tout celui que l'on pensait.

Avec sa caméra portée et son style réaliste, Mohamed Ben Attia nous fait ici vivre l'un des pires cauchemars de tout parent : réaliser le monstre qui sommeille en sa progéniture. Sans jamais tomber dans la morale facile, Mon cher enfant s'intéresse à ce qu'il se passe dans la tête des parents et dans leur manière de vivre avec ce "détail" qui modifie entièrement la dynamique d'une famille et le rapport à ses proches. Si l'on n'a pas su déceler que son propre enfant était un terroriste en puissance, qu'est-ce que cela dit de nous en tant que parents ?

Dans Mon cher enfant, Mohamed Ben Attia prend donc son temps. Le temps de montrer que ce ne sont pas les enfants les plus démunis ou désespérés qui déraillent. Le temps de rappeler que les parents ne doivent pas être blâmés pour toutes les erreurs de leurs enfants. Et le temps de dire que la proximité avec une personne ne va pas de pair avec une connaissance approfondie de celle-ci.

Plus complexe que Hedi, un vent de liberté, le précédent film de Mohamed Ben Attia, Mon cher enfant s'avère aussi nécessaire que Le Ciel attendra tout en étant plus riche.

wyzman



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