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Samouni Road

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France / sortie le 07.11.2018


LA RESIGNATION POUR LES NULS





"Tes deux femmes ensemble ? Elles vont s’entretuer. Tu trouves pas que la Croix-Rouge a déjà assez de boulot comme ça ?"

Sept ans après Tahrir, place de la Libération, le cinéaste sicilien Stefano Savona est de retour avec un documentaire racontant le quotidien d'une famille de Gaza City. Samouni Road s'intéresse ainsi aux péripéties d'une communauté de paysans qui a été miraculeusement épargnée par soixante ans d'occupations et de guerre jusqu'en janvier 2009. C'est en effet à cette date-là que l'offensive terrestre de l'opération israélienne "Plomb Durci" a ôté la vie à vingt-neuf de ses membres. De manière originale film mêle séquences documentaires et animées et tentent de restituer le plus fidèlement possible les souvenirs des protagonistes.

Malheureusement et bien que cette alternance des deux genres soit fascinante, elle s'avère vite éreintante. En effet, le spectateur a à peine le temps de s'habituer à l'un que l'autre est de retour. D'entrée de jeu, Stefano Savona nous présente une petite fille, figure majeure du documentaire, en train de repenser à sa vie. Pour traduire ses souvenirs, le réalisateur fait appel à de l'animation. Celle-ci est jolie voire stylée mais ne permet pas au spectateur d'accrocher pleinement. Trop sombre et trop instable, elle finit rapidement par desservir l'ensemble du projet. Pourtant, c'est de loin la partie la plus intéressante et la plus audacieuse. Un véritable drame lorsque l'on sait que l'ambition était ici réelle et mesurée.

Samouni Road ne dévoile peut-être pas grand-chose des motivations de chacun et ne donne aucune clé pur résoudre le conflit qui ravage la région depuis des années. Mais en montrant de manière franche la vie de celles et ceux qui tentent aujourd'hui de survivre après le passage des troupes israéliennes, il y avait de quoi faire un grand. Ce que Samouni Road n'est pas, oscillant constamment entre un ton et des angles de caméra misérabilistes et de l'animation purement sensationnaliste.

Trop occupé à vouloir faire dire des choses à ces acteurs, Stefano Savona en oublie même la cohérence de son récit et son intérêt. Aux très nombreuses histoires de la famille, on aurait préféré que le cinéaste développe les projets d'avenir de cette famille recomposée. Samouni Road s'attarde sur les traditions, la religion et l'absence de vie sentimentale des jeunes de cette communauté. Leur fascination pour un sycomore détruit lasse et laisse le spectateur avec le sentiment amer que la vérité est ailleurs.

wyzman



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